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Évaluer sans note: les ceintures de maîtrise

Pour une évaluation positive des acquis des élèves

Faire de l’évaluation une pratique stimulante au service de l’apprentissage est une nécessité. Les pédagogies coopératives ont depuis bien longtemps intégré cette nécessité en instaurant les ceintures de maitrise.

 les ceintures de maîtrise

les ceintures de maîtrise

Pourquoi évaluer sans noter ?

De nombreuses raisons existent et les biais de la notation sont bien établis : stress excessif et inhibiteur (Focus on PISA 2009), prophétie auto réalisatrice (Rosenthal et Jacobson) , constante macabre (Antibi), caractère délétère sur la motivation (Deci et Ryan), tout cela semble donner raison à Freinet qui affirmait que « les notes et les classements sont toujours une erreur », et à Perrenoud qui constatait que, dès lors, le métier d’élève consisterait à « avoir de bonnes notes et pas apprendre ».

Faut-il proscrire toute évaluation ?

Attention, l’évaluation est nécessaire ! Sans elle, toute action de formation est aveugle. Toutefois, il faut avoir conscience des biais de la notation pour élaborer une évaluation formatrice, intégrée au processus d’apprentissage, qui ne soit plus un outil de sélection mais bien un outil permettant à l’enseignant et à l’élève de se situer dans un parcours d’apprentissage.

Quels pourraient être alors les principes d’une évaluation au service de la progression de chaque élève ?

Rousseau affirmait que « les moyens doivent contenir leurs propres fins » ; il est nécessaire, pour former des citoyens éclairés et critiques, que l’évaluation porte en elle cette finalité. Elle doit permettre à l’enfant de porter un regard critique et lucide sur son parcours d’apprentissage et l’y associer : elle doit être un repère, un guide pour l’apprentissage.

Concrètement, comment pratiquer ?

Prenons un exemple parmi d’autres, spécifique des pédagogies coopératives : les ceintures de maîtrise. Les élèves, chacun à leur rythme et selon des modalités personnalisées, préparent le passage d’une épreuve attestant la maîtrise de connaissances explicitement définies. L’évaluation repose sur la capacité de l’élève à démontrer un certain degré de maîtrise.
Elle est donc positive et débouche sur l’attribution d’une ceinture de couleur reconnaissant l’enfant comme détenteur d’un savoir et lui octroyant un statut particulier de ressource pour le groupe. L’erreur est instituée comme étape normale de l’apprentissage et oriente systématiquement vers un outil d’aide ciblé.
Cette démarche est par exemple à l’œuvre avec PIDAPI (Parcours Individualisé et Différencié des Apprentissages en Pédagogie Institutionnelle), dont on peut retrouver une présentation en ligne.

Quel intérêt pour les élèves ?

La plus-value est réelle pour l’élève: transparence des critères d’évaluation, conception du statut de l’erreur comme levier de progrès grâce à des outils d’aide et de (re)médiation, socialisation et valorisation des réussites dans une optique coopérative, élimination d’une dimension compétitive génératrice de stress, réflexion sur les critères d’évaluation, tout cela peut constituer de puissants leviers d’apprentissage.

Cédric Forcadel, directeur de l'école élémentaire « Les Prés verts » des Authieux Sur Le Port Saint Ouen.


Date de mise à jour : 27/11/2014


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