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Programme croisé Nouveau-Brunswick / France

Entretien avec Nathalie Allain, enseignante canadienne à l'école Amirault de Dieppe-Moncton (Nouveau-Brunswick) qui a échangé son poste avec Luce Guignery, professeur des écoles à l'école Arc-en-ciel 2 de Vernon.

A l'école Arc-en-ciel 2 de Vernon

A l'école Arc-en-ciel 2 de Vernon

Votre école relève de l'éducation prioritaire, avec une population multiculturelle, n'est-ce pas ?
Oui, les élèves de ma classe viennent de dix pays différents, mais ils considèrent cela de manière négative. C'est pourquoi j'ai décidé de lancer un projet en arts plastiques. Je leur montre qu'ils peuvent tous apporter quelque chose à l'autre. Chacun a dessiné un drapeau de son pays, l'a peint et affiché dans la classe. J'essaie de travailler sur la différence, le respect, les cultures.

Comment ont-ils réagi à votre français ?
Ils m'ont demandé quelle langue je parlais. Je leur ai dit : "français comme vous" et ils m'ont répondu : "non ". J'intègre cette différence dans les cours de vocabulaire. Nous faisons des fiches comparatives : " corridor / couloir ".

Et les parents ?
Ma langue était pour eux une crainte. Je les ai rassurés sur le fait que j'allais suivre le même programme que les autres classes de CE1. Je les invite à l'école pour discuter avec eux.


Quels différences et points de convergences notez-vous entre le Canada et la France ?
Il y a beaucoup de similarités. Le programme est le même en mathématiques. En français on enseigne aussi les mêmes choses mais avec un petit décalage : ce que vous faites en CE1, on l'enseigne en CE2. On travaille beaucoup plus sur les intelligences multiples au Canada. Mais c'est tout un apprentissage de travail en équipes et de travaux de groupes à mettre en place.
Sinon, vous êtes beaucoup plus exigeants au niveau de la propreté du travail. Il faudrait un juste milieu. Les enfants qui ont des troubles d'écriture ne peuvent pas écrire entre les lignes. Ici j'ai l'impression qu'on veut plus mettre dans un moule. La plus grande différence pour moi se situe au niveau du lien avec les enfants et les parents. C'est plus froid ici.
Je ne dis pas que c'est bien ou mal, c'est juste différent.
 
Pensez-vous qu'à votre retour au Canada votre manière d'enseigner aura changé ?
Oui, il y aura plus de discipline dans ma classe, mais une discipline au service du savoir-être.

Travaillez-vous avec Mme Guignery ?
Avec Luce, nous allons faire échanger nos élèves par visioconférence à partir de février et nous allons monter une comédie musicale : les tribulations d'un phoque au Canada.

Avez-vous des regrets d'avoir accepté le programme ?
Aucun ! C'est très riche ! Cette année va passer trop vite !

Entretien avec Olivier Launay, délégué académique aux relations européennes et internationales et à la coopération, Conseiller technique du Recteur, IA-IPR d’anglais.

Date de mise à jour : 12/03/2014



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