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Ressources numériques en langues vivantes au lycée

Pour encourager une prise de parole régulière et continue, les enseignants, membres du pôle de compétences disciplinaires TICE en espagnol, ont élaboré une séquence de cours complète, dont le cœur est la pratique de l'oral, essentiellement appuyée sur des ressources numériques.

Exploiter les ressources numériques en ligne

Exploiter les ressources numériques en ligne

L’un des enseignants impliqués au lycée Porte-de-Normandie à Verneuil-sur-Avre, nous présente sa démarche.

Une séquence presque entièrement numérique, est-ce un pari ? Un exercice de style ?

Non : je pense que pour un certain nombre d'activités, notamment en langues vivantes – ici en espagnol – l'utilisation de ressources numériques est particulièrement pertinent.

Comment la séquence est-elle conçue ?

Nous sommes partis d'un thème habituel pour les cours d'espagnol : une séquence sur les vacances. Cela correspond à un niveau A2. Nous avons sélectionné initialement deux vidéos du site de l'office du tourisme espagnol pour les intégrer dans les pratiques de classe, en mettant en œuvre un certain nombre de dispositifs techniques et pédagogiques autour de ces documents.
Nous voulions que les élèves s'approprient ce que disaient les personnages intervenant dans ces vidéos, pour nourrir leur expression personnelle.
J’ai exploité cette séquence à la rentrée 2012, avec un groupe de seconde : cela se prêtait bien au retour dans les classes.

A quel moment les outils numériques sont-ils pertinents dans ce type de travail ?

En amont, pour identifier et récupérer les sources utiles. Mais aussi pour adapter ces documents au projet, par exemple en dissociant l'image et le son, dissociation souvent propice au développement de la parole. Pour le cours de langue, il est intéressant de présenter aux élèves une vidéo muette dont ils doivent deviner le sens, imaginer puis assumer les dialogues comme pour un doublage. On peut aussi les faire travailler uniquement sur la bande son, pour un exercice de compréhension individuelle, ou sur un photogramme issu de la vidéo, qui devient le nécessaire support de leur expression orale.
Ces différentes activités sont déclinées dans les classes dans le cadre d'une séquence d'un mois environ.

Comment cela se déroule-t-il ?

Les élèves voient d'abord les vidéos et réagissent à des images simples, muettes, en émettant des hypothèses. J'associe la vidéoprojection à un tableau numérique interactif : je peux annoter quelques images à partir de la prise de parole des élèves, leur fournir ensuite cette trace dans un dossier partagé de l'ENT ou dans le cahier de textes.
Dans un second temps, il est intéressant d'utiliser la baladodiffusion. Le premier intérêt est de passer à une compréhension individuelle : munis d'un lecteur-enregistreur MP3, les élèves doivent écouter la bande son de la vidéo et réaliser un certain nombre d'activités pour se l'approprier, y compris dans ses aspects phonologiques. Cela permet d'élaborer une expression orale en continu, enregistrée, puis collectée par l'enseignant.
Cette production finale a été réalisée avec succès par mes 25 élèves : ces outils permettent à chacun, selon son niveau, selon son rythme, de parler sur un sujet que le professeur a proposé.
Le numérique joue aussi un rôle dans la découverte culturelle. Lors d'une séance consacrée à la recherche d'informations avec une « classe mobile », les élèves se sont rendus sur le site d'origine des vidéos et ont sélectionné les informations écrites nécessaires à leur prestation finale sur baladeur. Il leur revenait donc de faire des choix individuels adaptés à leur projet.


En pratique, avez-vous rencontré des difficultés lors de cette séquence avec vos classes ?

La seule difficulté est la gestion du temps : ainsi, des documents complémentaires qui enrichissent le contenu culturel de la séquence n'ont pas pu être exploités en cours.
En revanche, ce type de dispositif s’avère réellement efficace, même chez les élèves réticents à la participation orale. Chacun a le temps et peut procéder à plusieurs essais, se réécouter, sélectionner ce qui lui semble le plus réussi. On développe l’autonomie mais aussi l’implication de l’élève dans son travail : il s’agit bien pour chacun de présenter quelque chose à l'enseignant. Passée la réticence liée à la première séance, ce type d’activité « dédramatise » la prise de parole en langue étrangère.

Témoignage de Bruno Martin, professeur au lycée Porte-de-Normandie, Verneuil-sur-Avre, interviewé par Michel Mugnier, DAN adjoint

Date de mise à jour : 18/10/2013


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