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S'engager par les mots

L’étincelle : la joute oratoire

Au lycée Schuman Perret, en collaboration avec les collèges de la liaison 3ème/ seconde, l'expression est au centre de la réflexion : comment aider nos élèves à maîtriser l'expression qu'elle soit écrite ou orale, collaborative et individuelle ? C'est aussi la recherche amorcée au sein du groupe de réflexion transdisciplinaire intitulé « La parole de l'élève : lire, dire, écrire dans toutes les disciplines au collège et au lycée ».

S'engager par les mots

S'engager par les mots

Quelle place faite à l’expression ?

En 1994, un rapport estimait à 17 minutes le temps moyen de la prise de parole pour un collégien de la 6ème à la 3ème.

Paroles de professeurs : « les élèves ont peur de l'oral du baccalauréat » ; « ils ont des notions, des compétences, mais ne savent pas les exprimer ; cela les dessert au baccalauréat » ; « ils manquent de confiance en eux-mêmes », « ce sont toujours les mêmes qui prennent la parole » ;

… et paroles d'élèves : « on ne nous demande pas notre avis », « pourquoi on ne fait pas plus de débats ? », « je sais ce que je veux dire, mais je n'arrive pas à trouver les mots ».

 Quels sont les objectifs ?

  • Améliorer les résultats aux épreuves orales mais surtout renforcer l'estime de soi, la motivation, l'implication dans les apprentissages.
  • Mettre l'expression orale au centre de la dynamique des apprentissages : l'oral est trop souvent inféodé à l'écrit, conçu, lui, comme le point d'aboutissement ; la prise de parole de l'élève existe mais se limite souvent à une réponse attendue à un questionnement préétabli.
  • Légitimer la parole de l'élève. Oui, les élèves ont des avis, des questions, qui nous surprennent parfois mais que nous devons entendre et même mieux, sur lesquels nous devons nous appuyer pour les faire avancer. Cette démarche implique une adaptabilité assortie d'une prise de risques, mais avec des bénéfices conséquents: une plus grande implication et appropriation des savoirs et compétences, une motivation et une estime de soi renforcées, avec, à la clé, de meilleurs résultats aux examens et une meilleure préparation aux études post bac.
  • Construire la conscience critique et citoyenne : prendre la parole, justifier, défendre un point de vue, est un engagement qui responsabilise l'élève et l'oblige à prendre en compte et respecter la parole de l'autre. 

Quelle mise en situation ?

  • Créer les conditions d'une prise de paroles pour tous, les timides et les extravertis, devant la classe mais aussi au sein d'un groupe, dans une expression individuelle ou collective, partagée.
  • Transformer en questionnement toute séance et en sollicitant l'avis de l'élève: par exemple en l'amenant à constituer un corpus de textes, de documents, à choisir une problématique, une démarche...
  • Articuler de façon équilibrée l'écriture, la lecture et la prise de parole dans un constant échange, chaque acte nourrissant les deux autres.

L’étincelle d’engagement : la joute oratoire

Ces expériences ont été menées plusieurs années de suite au sein de la liaison 3ème/2nde : en mélangeant des équipes de collégiens et de lycéens qui préparent ces joutes dans leurs établissements respectifs pour le jour J, puis s'affrontent oralement, on articule le travail collectif et individuel, l'interaction entre l'écrit (prise de notes, plan d'une argumentation, rédaction...), la lecture (recherche documentaire, lecture d'articles, d'une œuvre....) et la prise de parole (débat au sein du groupe, justification orale, discours ou plaidoiries...). Cette démarche est transdisciplinaire. Elle concerne ici une collaboration collèges/lycée, mais peut s'envisager au sein d'une classe ou entre classes.

Quels effets ?

Certains élèves timides se sont révélés, les plus extravertis sont canalisés dans le travail de groupe ou valorisent leur expressivité au moment du discours. La démarche associe dans un échange permanent écriture, lecture, expression orale. L'esprit de défi est particulièrement efficace, d'autant que les élèves sont associés à l'évaluation. La posture du professeur consiste à orienter, guider les élèves dans leur questionnement et leur démarche, s'assurer que la parole est partagée dans les groupes, évaluer ou permettre l'évaluation par les autres élèves.
Les compétences travaillées sont directement réinvesties pour les épreuves orales ou écrites du DNB et du baccalauréat.

Laurence Ronzier Joly, professeur de lettres au lycée Schuman Perret - Le Havre



Quelques exemples d'application dans les diverses séquences disciplinaires


Plaidoiries avec Amnesty International sur les droits de l'enfant (lettres, ECJS, géographie, anglais)
Les élèves de 2°, en groupe, préparent des dossiers sur la violation d'un droit dans le monde, à destination des élèves de collège (lecture de documents, prise de notes, débat sur les articles à retenir). Le jour J, les collégiens et certains lycéens de la classe prennent connaissance des dossiers et élaborent une plaidoirie, type discours à l'ONU, présentant le constat de ces violations et enjoignant la communauté internationale à réagir. La parole doit être partagée ; l'évaluation porte sur les arguments et la puissance des effets oratoires. Certaines plaidoiries sont présentées en anglais.


 
Joutes oratoires sur des questions de société (ECJS, SVT, Lettres)
Sur des questions portant sur l'environnement (pour ou contre l'exploitation du gaz de schiste ? l'exploitation du gaz de schiste ? l'augmentation du prix des carburants pour dissuader de l'usage de la voiture, l'implantation de grands champs d'éolienne ? la sortie du nucléaire ? l'éco taxe ?...), les collégiens et lycéens préparent leur argumentation dialectique sur l'un des sujets dans leurs établissements respectifs, puis le jour J, les équipes sont mixées, chacune présentant soit la thèse soit l'antithèse, et s'affrontent dans des joutes oratoires.



En classe de 2nde en lettres

Le thème de la séquence « parlez-moi d'amour...au théâtre » répond à une attente des élèves, qui individuellement choisissent de présenter un extrait mettant en scène la relation amoureuse à la classe en justifiant ce choix. A partir de ces présentations orales, la classe approuve collectivement un corpus restreint de scènes ; par groupe de 4, les élèves présentent la lecture analytique de l'un des extraits, en définissant une problématique spécifique. La prise de parole est donc tantôt individuelle, tantôt collective, de même que l'évaluation. Les prolongements peuvent être écrits (sujet d'invention : imaginez le dialogue entre le metteur en scène et les acteurs au sujet de cette scène...) ou oraux : lecture expressive de la scène ou mise en scène.


 
En SVT
Dans la séquence « comment nourrir 9 milliards d'individus », les élèves font une recherche documentaire sur le thème du Jour du dépassement, l'estimation de la population et des besoins énergétiques et alimentaires à cette date. Ils débattent ensuite collectivement pour définir une problématique pertinente, élaborent par groupe une base documentaire qu'ils doivent justifier oralement. Les élèves doivent ensuite produire un discours (imaginez le discours de Ban Ki-Moon au sommet de Monaco exprimant ses inquiétudes face aux conséquences de nos pratiques sur notre environnement et proposant des solutions). Chaque groupe présente oralement ce discours. Les élèves débattent ensuite de sa qualité.
 

Date de mise à jour : 23/09/2015


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