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Du rôle des serveurs locaux à l'heure des déploiements d'ENT
Depuis plusieurs années, les établissements de l'académie de Rouen se dotent de serveurs de domaine pédagogique (SE3) et de communication (LCS). Avec le déploiement des ENT, on peut légitimement se poser la question de la place et de la pérennité de ces serveurs.
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Les installations de serveurs de domaine et de communication SE3 / LCS dans les établissements de l'académie reposent sur un choix d'établissement et un projet autour du développement des TICE.
Au niveau académique, la mission Tice et la DSI du rectorat ont mis en place un outil de supervision qui permet, entre autres, de connaître le nombre de serveurs en fonctionnement. Ainsi, 180 serveurs SE3 et 125 LCS sont recensés fin 2011. Ces chiffres sont en constante augmentation, en particulier pour LCS qui n'est proposé dans l'académie que depuis 2008. Du point de vue des usages on peut remarquer que la moyenne du taux d'activation des comptes est conséquente et approche de 80% sur les serveurs SE3: il s'agit donc bien d'outils exploités au quotidien par les établissements.
La généralisation des espaces numériques de travail suscite des interrogations sur l'articulation de ces serveurs avec l'ENT de l'établissement, en raison de fonctionnalités ou services parfois redondants, et aboutit nécessairement à une redéfinition de la place de ces outils.
Le serveur de domaine n'entre pas en concurrence avec l'ENT qui, par définition, ne fournit que des services web externes à l'établissement. SE3 quant à lui permet un accès sécurisé et personnel de chaque utilisateur au réseau intranet de l'établissement à l'aide d'un identifiant unique. C'est un service de base du S2I2E sans équivalent sur l'ENT. Il est bien entendu exclu de revenir à un réseau de type poste à poste, inadapté aux usages évolués d'aujourd'hui et problématique du point de vue sécurité car particulièrement propice à la diffusion de virus et autres « malwares ».
En outre, même dans une utilisation a minima, SE3 va bien au-delà du simple serveur de fichiers proposant des ressources partagées. Il assure en particulier le bon fonctionnement du réseau local et des machines clientes en gérant :
L'attribution d'adresses aux machines du réseau pédagogique;
l'installation automatique de logiciels ou de pilotes d'imprimantes sur les clients;
la possibilité d'administrer les clients à distance : prise en main, renommage, programmation d'arrêt ou de démarrage;
la sauvegarde, la restauration et le clonage des postes.
Certaines de ces tâches sont particulièrement chronophages pour les personnes chargées des TIC dans les établissements et c'est donc un réel avantage de pouvoir les automatiser via SE3. La présence d'un serveur SE3 ou d'un équivalent est d'ailleurs déterminante dans l'évolution des réseaux internes des lycées et collèges vers l'architecture «cible».
LCS quant à lui donne accès à un ensemble de ressources et de services au travers d'une authentification unique sur l'annuaire local de l'établissement. Néanmoins ce dispositif trouve ses limites lorsqu'il s'agit
d'accéder à des ressources extérieures à l'établissement;
pour un professeur en poste sur plusieurs établissements, d'accéder aux ressources disponibles sur plusieurs LCS;
de proposer des services ou ressources à d'autres catégories de personnes que professeurs, élèves ou personnels administratifs.
Sur un plan fonctionnel, LCS propose certains des services de l'ENT mais ne prétend pas répondre aux exigences du SDET. De plus, il ne permet pas d'avoir un espace numérique unifié entre les acteurs de la communauté éducative et les parents.
L'ENT apporte précisément la cohérence entre tous les espaces numériques existant dans l’établissement et en dehors de l'établissement.
Cependant, l'ENT seul peut ne pas répondre immédiatement à toutes les attentes des établissements. Surtout, le déploiement d'un ENT n'est pas un projet technique mais un projet d'accompagnement et de conduite du changement dans lequel il est essentiel de ne pas déstabiliser les utilisateurs historiques des TICE que sont les professeurs dans leurs pratiques pédagogiques.
Les mêmes types de services ne sont pas nécessairement mis en oeuvre sur un serveur LCS et dans l'ENT. En effet, le coût des espaces de stockage sécurisés, redondés et externalisés propres à un ENT implique inévitablement des limites. En revanche, les serveurs LCS / SE3 offrent des espaces de stockage, internes aux établissements, en général plus vastes et moins onéreux car moins sécurisés et exploitant une architecture en place.
Ainsi, des applications axées sur l'usage en classe comme la plate-forme de formation Claroline trouveront plus facilement leur place sur le LCS que sur une plate-forme centralisée, laquelle offrira des espaces mutualisés pour les projets nécessitant des interconnexions entre établissements.
Le serveur LCS assume également le rôle de passerelle permettant aux utilisateurs d'accéder, depuis l'extérieur de l'établissement, au ressources du serveur se3.
L'intégration du dispositif LCS / SE3 dans l'ENT a donc l'avantage de permettre une continuité des usages et de simplifier la conduite du changement.
L'espace numérique de travail considère LCS comme un fournisseur de services tiers en établissement. Un système de SSO est mis en place entre l'ENT et LCS. L'intégration de LCS à un ENT se fait de manière transparente: du point de vue utilisateur, seule la boîte d'identification change, celle de LCS étant remplacée par celle de l'ENT comme le montre la capture.
Sur un plan plus technique, une fois l'utilisateur connecté à l'ENT via ce dispositif, il est reconnu à la fois par l'ENT et tous les services qu'il renferme et par le LCS et toutes ses applications.
L'utilisateur bénéficie ainsi de l'ensemble des services offerts par les deux dispositifs.
La copie d'écran ci-dessous illustre un bureau utilisateur affichant la plate-forme de formation Claroline hébergée sur le LCS, l'outil Blogs de l'ENT et l'outil de réservation Grr également sur le LCS.

L'utilisateur peut également afficher à l'intérieur de son bureau LCS l'intégralité du portail ENT s'il le souhaite.
En matière de conduite du changement, l'intégration de LCS dans l'ENT permettrait aux utilisateurs historiques de LCS de capitaliser sur leurs pratiques existantes tout en bénéficiant de tout un ensemble de nouvelles ressources – manuels numériques, ressources sur l'orientation, espaces de travail inter-établissements – qui proviennent de l'ENT. L'ENT est alors bien un dispositif favorisant le développement des usages y compris pour les utilisateurs les moins chevronnés (notamment à l'aide de l'authentification unique avec les techniques SSO). Il apporte des ressources supplémentaires, simplifie le travail des enseignants et la communication entre les différents acteurs au service de la réussite des élèves.
L'articulation entre serveurs locaux et ENT doit apporter au niveau de chaque établissement une offre cohérente de services à l'utilisateur. Ainsi, sur LCS, chaque brique applicative est activable et désactivable à loisir par l'administrateur. Il en est parfois de même pour les ENT, souvent livrés sous forme modulaire. Dans un tel cas, lors du déploiement de l'ENT, chaque établissement peut sélectionner les services hébergés en local ou sur l'ENT et décider ainsi du rythme de la migration vers l'ENT en fonction de son projet et de ses capacités techniques. Cette possibilité de choix facilite l'appropriation de l'ENT par les équipes, qui en perçoivent plus volontiers la plus-value.
La manière dont l'établissement est connecté à l'Internet est également un élément capital dans le choix des applications à conserver au sein de l'établissement. En effet, un établissement doté d'une connexion à 20 Mbit/s externalisera plus facilement ses services qu'un établissement possédant une connexion ADSL à 2 Mbit/s. Dans ce dernier cas, il sera nécessaire de conserver à l'échelon local les applications indispensables au travail en classe des professeurs et des élèves. En effet, la saisie des absences ou du cahier de textes numérique impose un accès fiable et immédiat. Si la connexion internet n'est pas très performante, l'établissement devra probablement conserver ces services en interne tant que le débit n'aura pas évolué.
Le déploiement d'un ENT est le plus souvent progressif, sur plusieurs années. Pour les établissements qui ne peuvent pas bénéficier de l'ENT dès la première année, les services sur LCS leur permettent de se familiariser avec un type d'applications en ligne et les prépare pour le déploiement à venir sans pénaliser le développement d'usages qui seront transférés, le moment venu, sur l'ENT.
Au terme des déploiements d'ENT, avec l'évolution probable des débits proposés aux établissements, on peut estimer que la situation aura évolué et il conviendra de réexaminer cette articulation entre les services externalisés de l'ENT et les applications hébergées dans l'établissement. Dans la phase de transition actuelle, l'architecture hybride permet de tirer le meilleur parti des possibilités offertes, en exploitant conjointement les briques de l'ENT et les services locaux.
Date de mise à jour : 03/06/2013